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Depuis 2009, vous, souscripteur de Facebook, êtes susceptible d’afficher votre intérêt pour tel ou tel contenu sur la place publique virtuelle du réseau social. Ce qui est maintenant une habitude ancrée dans nos mœurs est apparu comme une révolution, bouleversant les codes de la communication traditionnelle. Ainsi, il s’agissait de montrer publiquement que la photo de vacances d’une amie, la proposition scabreuse d’un politique ou la dernière vidéo de chats nous faisait réagir ; réaction incarnée par l’icône d’un pouce en l’air bleu en bras de chemise. Ce signe, avouez-le, est devenu le moyen de réagir sans prendre parti : il montre notre intérêt pour un sujet, mais sans en préciser la teneur, sans communiquer émotionnellement. D’autant plus que le médium de cet intérêt est un signe hautement ambigu : de couleur bleue, il pourrait symboliser l’exotisme d’une ambiance tranquille de vacances en bord de mer tout en rassurant par la crédibilité du bras de chemise, donc montrer ou bien notre frivolité ou bien notre sérieux.

 

Un écran d’ordinateur, deux cadres : l’un nous renverra une image légèrement différée de nous-mêmes. Dans le deuxième, plus grand, on observera l’autre, parfois net, parfois pixélisé, parfois en haut-parleur, parfois muet. Et on vivra ensemble, en parfaite harmonie, en presque synchronisation, l’idylle interruptible à tout moment par la présence immobile du bouton ‘raccrocher’. Et on le regardera travailler, se brosser les dents, parler avec ses frères et sœurs, par l’intermédiaire du même petit cadre, mais on ne pourra pas se sentir, se toucher, à moins de prendre le train, l’avion, le car. Dans ce cas l’aller passera en un clin d’œil ; le réveil du matin se fera dans l’excitation et le sourire aux lèvres. Billet de train, passeport, l’habitude fera qu’on n’oubliera plus jamais rien. Le retour se fera le cœur lourd de chagrin et d’appréhension. Le réveil aux aurores l’estomac noué pèsera sur la valise qui semblera ne plus vouloir se mouvoir.

En lisant des articles et en surfant sur les réseaux sociaux ce matin, j'ai senti une petite colère monter en moi... A mon tour de vous parler du concours Miss France.

 

D'abord, je ne remets pas en cause la beauté de la gagnante, ni celle de ses concurrentes. Déjà, parce que la beauté n'a pas de visage(s) ni de codes comme cette émission voudrait nous le faire croire. Ce qu'on vous vend (et ne croyez surtout pas qu'on vous l'offre) à la télé avec ce concours, c'est un culte de la minceur et une image totalement stéréotypée de la femme. Ce concours fait de certains critères - par ailleurs hallucinants - une norme qui définirait ce que doit être une femme pour être considérée comme belle aujourd'hui (même si cela fait des années que c'est la même chose). C'est un peu comme les couvertures des magazines qui vous montrent des personnalités retouchées, sans naturel ni meme individualité, et qui vous font croire qu'avoir des formes, des rides, des "imperfections"... ferait de vous quelqu'un de moche.

 

On est dimanche. J’ai rendez-vous à midi, dans un studio dans le 13e arrondissement où je dois écouter les Better 16 répéter. Une bande de jeunes faisant de la musique… Ils ont sorti un clip sur YouTube qui s’appelle Kiss her now. Je l’avoue, je pars avec des a priori. Evidemment, tout ça sent la fraîcheur et l’envie, et l’on voit tout de suite qu’il s’agit d’une parodie de clip au scénario bateau d’amour… bateau. Mais quelque chose me chiffonne : la parodie semblant se poursuivre dans les paroles et dans la musique-même, la voix n’étant pas forcément juste tout le temps et les riffs de guitare assez simplistes. Pour autant, le but d’un journaliste, même en herbe, même d’opinion, est de dépasser ces a priori. Mieux vaut pousser plus loin, découvrir ce que l’on ne connaît pas, ouvrir plus de portes pour voir ce qu’il y a vraiment dans la maison… On ne sait jamais ce qui nous attend.

Il y a un mois j’ai dîné avec une Syrienne.

 

Tout a commencé autour d’un repas organisé par un ami indien de la colocataire d’une amie française, tous trois vivants en Angleterre à Brighton. Une atmosphère internationale et cosmopolite a donc toqué à la porte et s’est invitée à table. Il y avait également un couple de l’âge de mes parents (la cinquantaine) qui était présent, et une jeune femme, discrète, assise à côté d’eux.

 

La majorité d’entre nous ne nous connaissions pas, engageant ainsi une présentation mutuelle : j’apprends alors que cette jeune femme silencieuse s’appelle Riam, et qu’elle est syrienne. Elle étudie à Brighton depuis six mois, et parle couramment anglais. Je lui dis que je rends visite à mon amie française pendant quelques jours, et que je suis étudiante en littérature en France.

Ils avaient le choix entre une femme ou un homme. Ils avaient le choix entre une féministe ou un misogyne.  Ils avaient le choix entre un propos déguisé d’un large sourire dissimulant une coopération épistolaire douteuse ou un discours sans filtre au vocabulaire ubuesque. Ils avaient le choix entre une personnalité occultée par celle d’un ancien président ou celle d’un millionnaire dont les paroles déplacées sortent de sa bouche aussi rapidement que les billets de son compte en banque. Ils avaient le choix entre les deux extrêmes. Ils avaient le choix entre Hillary Clinton ou Donald Trump.

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